À la rencontre d’un membre : John Smol, MSRC

Dans ce numéro des cyber-infos du CAC, nous présentons une conversation avec M. John Smol, codirecteur du laboratoire de recherche et d’évaluation environnementale paléoécologique (PEARL) de l’Université Queen’s à Kingston.

Chercheur fréquemment cité par ses pairs et reconnu comme le meilleur mentor scientifique en milieu de carrière, John Smol n’est pas un novice en matière de perspicacité scientifique. Il collabore depuis plusieurs années avec le CAC, où il a occupé plusieurs fonctions. Par exemple, il a été responsable de la surveillance du processus d’examen par des pairs pour deux évaluations et est actuellement membre du comité consultatif scientifique du CAC. Sa contribution de longue date aux CAC lui a permis d’acquérir une perspective unique sur l’évolution du CAC et sur l’incidence que ses évaluations étayées par des preuves ont eue sur les politiques scientifiques canadiennes.

Dans cette édition de À la rencontre d’un membre, M. Smol explique pourquoi il a décidé de poursuivre sa collaboration avec le Conseil des académies canadiennes et pourquoi l’expérience léguée par le CAC a beaucoup à offrir aux responsables politiques, aux scientifiques et aux Canadiens.

Quelle influence le CAC peut-il avoir sur l’élaboration des politiques publiques canadiennes?

J’estime que l’influence des travaux du CAC s’accroît constamment. À certains égards, il régnait un « déficit d’information scientifique » lorsque le CAC a entrepris ses premières évaluations. Évidemment, d’autres avenues s’offraient aux politiciens et aux responsables de l’élaboration des politiques pour obtenir des évaluations équilibrées et impartiales, mais l’arrivée du CAC a permis de raccourcir les délais et de procéder de manière hautement professionnelle. Le CAC s’appuie sur la science et les preuves, et non sur des opinions et des vœux pieux. Je pense que les travaux du CAC exercent une influence de plus en plus grande sur les décisions de nos élus et des responsables de nos politiques.

Vous avez été responsable de la surveillance du processus d’examen par des pairs pour deux évaluations du CAC et vous faites actuellement partie du comité consultatif scientifique, où vous donnez votre avis sur la composition des comités d’experts et votre point de vue scientifique concernant les évaluations à venir. Qu’est-ce qui vous a incité à vouloir participer à ces différentes facettes du processus du CAC?

Une grande partie des travaux scientifiques menés au pays est payée par les contribuables. Il est de notre devoir de soumettre au public canadien le produit de ces travaux sous une forme qui peut être utile à ses responsables politiques et à ses élus. Le CAC a la capacité de ce faire.

Tout au long de ma carrière, je n’ai cessé de m’étonner du peu d’importance que prenait la science canadienne et mondiale dans les décisions politiques. Et cela est particulièrement le cas dans mon domaine – l’environnement et l’écologie. Bien entendu, la science a toujours joué un rôle, mais elle n’a jamais, à mon avis, été utilisée aussi efficacement qu’elle devrait l’être. Dans mon domaine de la recherche environnementale, la science expose souvent des réalités déplaisantes et parfois économiquement moins attrayantes. Mais ce qu’il en coûte d’ignorer la science est souvent supérieur à ce qu’il en aurait coûté au départ de prendre des décisions fondées sur des preuves. Le CAC constitue un moyen important de promouvoir l’utilisation de la science dans l’élaboration des politiques publiques.

D’après votre expérience acquise dans les fonctions que vous avez occupées au sein du CAC et en réfléchissant à vos autres expériences professionnelles, quelle est l’utilité des évaluations fondées sur des preuves? Quels sont les aspects uniques ou importants du processus d’évaluation mis en œuvre par les comités d’experts du CAC?

Pour moi, l’aspect le plus important du CAC est l’attention et les efforts qui sont consacrés à choisir les membres des comités d’experts et leurs présidents – afin que les évaluations puissent bénéficier de la meilleure expertise possible. Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que toutes les personnes choisies pour faire partie des comités seront complètement impartiales au regard des résultats potentiels des évaluations, mais en choisissant les candidats les plus éminents, des candidats qui sont ouverts d’esprit, prêts à écouter, à apprendre et à travailler à atteindre un objectif commun, nous avons prouvé que cela pouvait conduire à des résultats positifs et stimulants. Je pense que la qualité des évaluations réalisées à ce jour confirme que le CAC a trouvé une formule gagnante.

Comment votre expérience au CAC se compare-t-elle à vos expériences auprès d’organisations semblables?  Quelles en sont les différences et les similitudes?

J’ai travaillé au sein de plusieurs comités d’experts, mais il s’agissait principalement de comités spéciaux, proposés par une agence ou un organisme. Nous ne pouvions miser sur l’expérience acquise (ou sur un personnel professionnel et permanent pour nous aider!) et notre courbe d’apprentissage était abrupte pour chacun de ces projets. De plus, l’expérience que nous avions bâtie disparaissait une fois le rapport terminé. Grâce au professionnalisme et au dévouement du personnel du CAC et à l’expérience collective acquise au fil des évaluations réalisées, nous ne sommes pas astreints à recommencer à partir de zéro à chaque évaluation. Nous avons tiré ensemble des leçons de nos erreurs et de nos succès, ce qui rend le travail du CAC extrêmement efficace.

Qu’est-ce que nos lecteurs doivent savoir des évaluations du CAC qu’ils pourraient peut-être encore ignorer?

Tous les membres des comités d’experts et tous les pairs examinateurs travaillent à titre bénévole, sans honoraire ou salaire. Il s’agit de personnes très occupées. C’est tout à l’honneur du CAC d’avoir su recruter maintes fois et systématiquement des experts hautement professionnels, compétents et dévoués qui éprouvent de la satisfaction à bien accomplir un travail important.

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