À la rencontre d’un membre: Sarah P. Otto, MSRC

L’évolution a façonné le monde qui nous entoure. Depuis les profondeurs des océans aux sommets des plus hautes montagnes, les espèces se sont adaptées afin de survivre dans presque toutes les régions du globe. Mais toutes les espèces n’ont pas évolué de la même façon. Madame Sarah P. Otto a voué sa carrière à tenter de comprendre les différentes voies de l’évolution et pourquoi celles-ci divergent, menant à la grande variété d’espèces sur Terre que nous pouvons aujourd’hui observer.

 « Bien comprendre la façon dont les espèces évoluent est important, car cela nous permet de prédire la façon dont les maladies réagiront aux antibiotiques, comment la gamme d'une espèce est affectée par le changement climatique et comment les espèces envahissantes font face au changement », explique Madame Otto, professeure et directrice du Centre de recherche en biodiversité de l’Université de la Colombie-Britannique.

« Ma recherche a recours à des modèles mathématiques pour clarifier la façon dont certaines caractéristiques d’un organisme affectent tant son potentiel et que son niveau d’adaptation. Je demande aussi pourquoi ces caractéristiques sont différentes l’une de l’autre. Pourquoi certaines espèces produiraient-elles une progéniture principalement en se clonant, alors que d’autres ne le font jamais? Pourquoi certaines espèces ont-elles des génomes étoffés et plusieurs chromosomes, alors que d’autres sont-ils aussi simplifiés? ».

Son travail des dernières années a donné lieu à des méthodes statistiques novatrices permettant d’estimer l’impact de ce genre de caractéristiques sur les taux historiques de spéciation et d’extinction. Cette information nous aide à aborder d’importantes questions sur les taux d’extinction – par exemple, dans quelle mesure les risques d’extinction actuels se comparent-ils aux risques historiques? Et en quoi les humains modifient-ils les caractéristiques des espèces qui réussissent à persister?

« J’espère offrir une meilleure compréhension du monde naturel », affirme madame Otto au sujet de son travail.

Attirée à la biologie grâce à l’intervention d’un enseignement de son école secondaire, elle avait peu après lu De l’Origine des espèces et son sort était scellé. Outre sa passion pour la biologie, elle a toujours entretenu une passion parallèle pour les mathématiques.

« Au départ, je songeais devenir manipulatrice généticienne parce que je me disais qu’il y aurait beaucoup de mathématiques dans ce domaine. Mais j’ai peu à peu découvert que cette discipline exigeait davantage de mélanges de produits chimiques que de mathématiques, ce qui m’a découragée à poursuivre dans cette voie. Heureusement, mes professeurs étaient d’excellents mentors; ils m’ont guidée vers la biologie évolutionniste. »

C’est en raison de son expertise en biologie évolutionniste qu’elle a été nommée au comité d’experts de la plus récente évaluation du CAC, dont le rapport est intitulé La taxonomie canadienne : explorer la biodiversité, créer des possibilités. La taxonomie est la recherche scientifique qui découvre, différencie, classifie et documente les êtres vivants; à ce titre, elle est essentielle aux sciences de la biodiversité. Le rapport a permis de constater, entre autres choses, que bien que le Canada ait fait des contributions de calibre mondial à la recherche taxonomique, au fil des ans, ses efforts de partage de données font piètre figure sur la scène internationale.

« La recherche est véritablement tributaire de la disponibilité des données. À moins que les données ne soient ouvertes et disponibles, il devient presque impossible d’y accéder et de les utiliser », soutient Madame Otto. « Le Canada n’est pas un chef de file en matière de financement des initiatives visant l’inscription dans des bases de données d’informations déjà recueillies, ce qui réduit l’efficacité et la précision des constatations scientifiques. »

C’est pourquoi Madame Otto a veillé à ce que tous les logiciels soutiennent son travail sur la spéciation (la formation évolutionnaire de nouvelles espèces biologiques) et les taux d’extinction soient de source ouverte et librement accessible. De plus, elle partage avec ses collègues les méthodes de recherche qu’elle a utilisées pour ce projet.

Madame Otto est membre de la Société royale du Canada et a reçu le prix Steacie ainsi qu’une bourse Steacie. Elle a signé plus d’une centaine d’articles et son plus récent ouvrage, qu’elle a cosigné avec Monsieur Troy Day, A Biologist's Guide to Mathematical Modeling in Ecology and Evolution, a été très bien reçu.

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Expert en vedette : Max Blouw

Max Blouw est l’ancien recteur et vice-chancelier de l’Université Wilfrid Laurier. Il avait auparava...
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