À la rencontre d’un membre : Dr Ian R. Dohoo, MACSS

Alors que le commerce international et la migration continuent à croître et que la densité des populations animale et humaine augmente, les risques de transmission de maladies animales sont aussi en hausse. Gérer efficacement les risques de maladies infectieuses, tant chez les animaux que chez les humains, est de première importance pour tous les gouvernements, y compris celui du Canada. Le Dr Ian R. Dohoo, un des membres du comité d’experts sur les approches d’évaluation des risques pour la santé des animaux, estime que les méthodologies d’évaluation des risques peuvent contribuer à réduire ces risques de façon considérable.

« L’aspect le plus intéressant concernant le développement de ces méthodologies est le virage vers des méthodes davantage quantitatives et l’élaboration de procédures, comme l’analyse décisionnelle multicritères, pour faciliter la transposition des conclusions des évaluations des risques en décisions politiques », explique le Dr Dohoo, directeur fondateur du Centre de la recherche en épidémiologie vétérinaire et professeur au Collège vétérinaire de l'Atlantique de l’Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Par exemple, les méthodes quantitatives peuvent contribuer à déterminer la probabilité que des maladies animales s’introduisent au Canada et la plausibilité que ces maladies apparaissent ou se propagent.

Le Dr Dohoo croit que le dernier rapport du comité d’experts du Conseil des académies canadiennes (CAC), Des animaux en santé, un Canada en santé, pourrait susciter un regain d’intérêt pour le renforcement des capacités et de l’expertise dans le domaine de l’évaluation quantitative des risques. « D’abord, j’espère que le rapport consolidera la relation de travail entre les universités canadiennes, particulièrement les facultés de médecine vétérinaire, et les organismes de réglementation canadiens, comme l’Agence canadienne d’inspection des aliments et l’Agence de la santé publique du Canada. Ensuite, je souhaite que l’étude génère un débat national au sujet du financement de la recherche appliquée sur la santé des animaux dont nous avons besoin pour soutenir des évaluations des risques efficaces. »

La carrière en épidémiologie vétérinaire de ce membre de l’Académie canadienne des sciences de la santé (ACSS) – en 2005, il est devenu l’un des quatre premiers vétérinaires élus en tant que membre de l’ACSS – a débuté à l’Université de Guelph. Bien qu’il ait brièvement considéré se diriger en ophtalmologie vétérinaire, une visite de l’Université de Guelph et une conversation sur les études doctorales avec le Dr Wayne Martin, devenu depuis son ami et mentor, lui ont fait prendre conscience que l’épidémiologie était sa véritable passion. Aujourd’hui, il constate que le domaine connaît une période de croissance exponentielle à l’échelle internationale.

« Le développement de méthodes et d’outils pour rassembler et analyser efficacement d’importantes quantités de données sur les populations coïncide avec la hausse phénoménale de la demande d’information portant sur trois volets de la santé des populations animales : la production alimentaire, le commerce international et la santé publique, explique le Dr Dohoo. Cette situation a entraîné une forte augmentation des programmes d’épidémiologie quantitative dans les pays développés, mais cela ne commence qu’à se propager dans les pays en développement, où l’effet bénéfique potentiel de l’application de l’épidémiologie est énorme. »

L’épidémiologie vétérinaire mène des investigations sur les maladies, la productivité et le bien-être des populations animales. Les recherches du Dr Dohoo portent sur la surveillance de la santé et de la production animales, la méthodologie de la recherche clinique, l’étude des facteurs de risques liés aux problèmes de santé animale et l’étude de la santé et de la production chez les bovins, les porcs et les poissons à nageoires.

Avant de se joindre à la faculté du Collège vétérinaire de l’Atlantique, en 1985, le Dr Dohoo a aussi travaillé brièvement en tant que chercheur scientifique pour Agriculture Canada. Il a été président de l’Association canadienne d’épidémiologie et de médecine préventive vétérinaire, président du comité d’experts de Santé Canada sur l’hormone de croissance bovine, mis sur pied par l’Association canadienne des médecins vétérinaires, et rédacteur en chef adjoint de la revue Preventive Veterinary Medicine. En 2008, il a reçu un doctorat honorifique en médecine vétérinaire de l’Université suédoise des sciences de l’agriculture pour sa contribution à l’épidémiologie animale et plus spécialement pour son rôle dans la formation des étudiants de cycles supérieurs en Scandinavie. Il devrait prendre sa retraite dans environ un an et a amorcé une réflexion sur sa carrière jalonnée de remarquables réalisations.

« Sans aucune hésitation, je dirais que ma plus grande réalisation a été le développement d’un programme d’épidémiologie vétérinaire qui est, selon moi, de classe mondiale, à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (Centre de recherche en épidémiologie vétérinaire). Cependant, attribuer à moi seul la réussite de ce projet serait injuste. Il s’est concrétisé grâce au groupe de personnes très uni avec lequel je collabore.

Le Dr Dohoo souhaite faire davantage de randonnées pédestres avec son épouse pendant sa retraite, mais il ne compte pas mettre complètement de côté le monde de l’épidémiologie vétérinaire.

Inscrivez-vous à notre liste d'envoi

Recevez nos avis, communiqués, publications, etc.!
Préférence English  Français
En vedette

La sécurité alimentaire dans le Nord du Canada

Il est bien connu que dans le Nord du Canada, l’insécurité alimentaire constitue un problème ...
détails